Le 6 novembre 2008, choisissons la motion C, une orientation combative qui anticipe sur les évolutions de la société.
La modernité est à gauche. Soyons sans complexe !
Une gauche décomplexée, c’est quoi ? A cette droite décomplexée, il faut s’opposer sans crainte d’assumer ce qu’être de gauche veut dire.Le Parti socialiste devra donc avancer sur des positions claires, cohérentes et crédibles :
· L’Etat doit accompagner le progrès économique :
- Des formes de nationalisations sont possibles et nécessaires : dans le domaine de l’eau, de l’énergie (création d’un pôle public de l’énergie) de la Poste… etc.
- Les impôts des plus riches seront augmentés et la fiscalité intégralement progressive.
- Décliner un programme réellement écologique : orienter la recherche vers les énergies renouvelables, les productions biologiques, développer les transports alternatifs et collectifs propres, par exemple.
- L’Etat est légitime à définir une stratégie industrielle, de recherche et d’innovation techniqueet scientifique : concrètement, c’est redéfinir un secteur public bancaire et créer un fonds souverain (comme en Norvège) qui permet à l’Etat d’agir en matière d’aide à l’investissement.
· L’Etat doit jouer un rôle pour le progrès social :
- Augmentation des salaires des 3 fonctions publiques et du smic (ce qui est possible avec de nouvelles ressources fiscales), cela signifie aussi inciter aux augmentations de salaires par une conférence salariale.
- Stopper toutes les baisses de cotisations patronales responsables du trou de la Sécu, voire en demander le remboursement dans les cas de délocalisation : la fin de toutes ces niches fiscaleset « allègements de charges » permettra de financer notre système de santé.
- Renforcer les pouvoirs et surtout les moyens d’agir des CHSCT et de l’inspection de travail
- Affirmer concrètement le droit au logement
- Créer un service public de la petite enfance
· Reconquérir la Démocratie et les libertés:
L’état doit garantir les libertés collectives et individuelles : maintien du service public, liberté des médias, des étrangers, politique carcérale, renforcer réellement les pouvoir du parlement…etc.
· Proposer une Europe humaine est possible :
- En instaurant un tarif extérieur commun et en baissant les taux de change,
- En exigeant des normes sociales et fiscales hautes (salaire minimum par exemple) et en relocalisantla production,
- En redonnant une dimension, si ce n’est un statut public, à la BCE et en proposant une grande relance centrée sur l’innovation industrielle et basée sur l’emprunt,
- En créant un impôt européen.
· Être de gauche, c’est promouvoir une société d’émancipation :
- Refonder l’école : plus de jours d’école, moins d’heures de cours par jour ; renforcement de la place de l’Etat dans l’enseignement et des collectivités dans la politique périscolaire ; développement de la pédagogie différenciée, remise en place de la carte scolaire ;
- Elaborer un statut social digne de ce nom pour les jeunes en formation et en insertion : une allocation d’autonomie, conditionnée aux ressources propres du jeune, pourrait être accordée ;
- Donner réellement à chaque famille un droit aux vacances dont sont exclus aujourd’hui près de 10 millions de personnes par an ;
- Financer et encourager la création et la diffusion artistique, favoriser l’accès à la culture sur tout le territoire national (territoires ruraux et quartiers-ghettos prioritairement et défendre le statut et la rémunération des artistes (par la licence globale entre autres).
· Une politique étrangère progressiste doit mettre fin au cynisme ; elle commence par promouvoir à l’extérieur de nos frontières ce que nous défendons dans nos textes de Congrès :
- Défendre à l’étranger le modèle de laïcité comme une solution face à la montée des intolérances et des risques de guerre civile ;
- Encourager le multilatéralisme pour rééquilibrer les rapports de force au niveau mondial ;
- Promouvoir, encore et toujours, la Taxe Tobin ;
- Soutenir l’idée d’une mondialisation effective des Droits, opposables grâce aux pouvoirs accrus d’organismes tel que l’OIT et par l’instauration d’une nouvelle hiérarchie des normes (qui fait primer les droits sociaux et les règles environnementales) ;
- Proposer aux pays du Sud, et particulièrement en Afrique, des accords de coopération solidaires et égalitaires, qui tournent définitivement le dos à la Françafrique.
· Une stratégie politique : le rassemblement de la gauche :
Inutile de le nier : en matière de stratégie d’alliances, l’ambiguïté voire la confusion règne au Parti socialiste. Qu’il s’agisse des accords locaux ou d’un accord national, l’alliance avec le Modem – que nous excluons clairement – ne repose sur rien d’autre que sur un raisonnement mathématique…qui fait fi du programme et de nos valeurs.
Toutes les victoires électorales des socialistes ont été le fruit d’une stratégie unitaire avec les autres forces de gauche et chaque fois en écho aux aspirations des nôtres : cartel des gauches, Front populaire, mai 1981, gauche plurielle… A nos yeux, il y a aujourd’hui encore moins de divergences entre, par exemple, le PS et le PC : nous pouvons même envisager de construire, ensemble mais aussi avec d’autre, un Parti du progrès commun, un « Parti de la Gauche », maison commune de toutes les forces progressistes.
Il ne devrait y avoir aucun préalable à cette stratégie, sauf bien entendu le refus du social-libéralisme…dont les échecs en Europe sont répétés. Une autre condition s’impose : être nous-mêmes exemplaire : revenir sur la présidentialisation du Parti, faire vivre les débats collectifs sanctionnés par le vote des militants, construire de nouveaux outils de communication et de propagande, favoriser le pluralisme des idées plutôt que les écuries aux désaccords factices, rester en permanence en lien avec le mouvement social, à qui on ne doit pas déléguer les batailles sociales en attendant tranquillement d’en récolter le fruit électoral, car au cynisme s’ajoute immanquablement la défaite.
Le congrès de Reims peut être le moment de choisir une majorité politique nouvelle, qui ne court pas après l’extrême gauche et refuse l’alliance avec un centre dont le programme économique est clairement de droite. Les solutions de gauche sont, plus que jamais, pertinentes pour aborder le nouveau cycle historique qui s’ouvre et mettre fin aux désordres du capitalisme mondialisé.
Nous avons un Monde d’avance : c’est le message que nous devons délivrer aux Français